Court de Gébelin

Dans le 8e volume « L’histoire, le blason, les monnaies, les jeux » de son oeuvre inachevée Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne considéré dans son génie allégorique et dans les allégories auxquelles conduisit ce génie, 1773-1782, 9 vol

N. I. Le Joueur de Gobelet ou Bateleur

Nous commencerons par le N°. I pour suivre jusques au 21, parce que l’usage actuel est de commencer par le moindre nombre et pour s’élever de-là aux plus hauts : il paroit cependant que les Égyptiens commençoient à compter par le plus haut pour descendre de-là jusqu’au plus bas. C’est ainsi qu’ils solsifioient l’Octave en descendant, & non en montant comme nous. Dans la Dissertation qui est à la suite de celle-ci, on suit l’usage des Égyptiens, & on en tire le plus grand parti. On aura donc ici les deux manières : la nôtre plus commode quand on ne veut considérer ces Cartes qu’en elles-mêmes : & celle-là, utile pour en mieux concevoir l’ensemble & les rapports.

Le premier de tous les Atous en remontant, ou le dernier en descendant, est un Joueur de Goebelet ; on le reconnoît à sa table couverte de dés, de gobelets, de couteaux, de bales & à son bâton de Jacob ou Verge des Mages, à la bale qu’il tient entre deux doigts & qu’il va escamoter.

On l’appelle Bâteleur dans la dénomination des Cartiers : c’est le nom vulgaire des personnes de cet état : est-il nécessaire de dire qu’il vient de baste, bâton ?

À la tête de tous les États, il indique que la vie entière n’est qu’un songe, qu’un escamotage : qu’elle est comme un jeu perpétuel du hasard ou du choc de mille circonstances qui ne dépendent jamais de nous, & sur lequel influe nécessairement pour beaucoup toute administration générale.

Mais entre le Fou & le Bateleur, l’Homme n’est-il pas bien.

Chefs spirituels N. II La Grande-Prêtresse N. V Le Grand- Prêtre 

Le N°. V représente le Chef des Hiérophantes ou le Grand-Prêtre : le N°.II La Grande-Prêtresse ou sa femme : on sait que chez les Égyptiens , les Chefs  du Sacerdoce étoient mariés. Si ces cartes étoient l’invention des Modernes, on n’y verroit point de Grande-Prêtresse, bien moins encore sous le nom de Papesse , comme les Cartiers Allemands ont nommé celle-ci ridiculement.

La Grande-Prêtresse est assise dans un fauteuil : elle est en habit long avec un espèce de voile derrière la tête qui vient  croiser sur l’estomac : elle a une double couronne avec deux cornes comme en avoit Isis : elle tient un Livre ouvert sur ses genoux : deux écharpes garnies ornent sa poitrine & y forment un X.

Le Grand-Prêtre est en habit long avec un grand manteau qui tient à une agrafe : il porte la triple Thiare d’une main, il s’appuie sur un Sceptre à triple croix : & de l’autre, il donne de deux doigts étendus la bénédiction à deux personnages qu’on voit à ses genoux.

Les Cartiers italiens ou Allemands qui ont ramené ce jeu à leur connoissance, ont fait de ces deux personnages auxquels les Anciens donnoient le nom de Père & de Mere, comme on diroit Abbé & Abbesse, mots Orientaux signifiant la même chose, ils en ont fait, dis-je un Pape & une Papesse.

Quant au Sceptre à triple croix, c’est un monument absolument Égyptien : on le voit sur la Table d’Isis, sous la lettre TT ; Monument précieux que nous avons déjà fait graver dans toute son étendu pour le donner quelque jour au Public. Elle a rapport au triple Phallus qu’on promenoit dans la fameuse Fête des Pamylies où l’on se réjouissoit d’avoir trouver Osiris, & où il étoit le symbole de la régénération des Plantes & de la Nature entière.

Chefs temporels N. III La Reine N. IV Le Roi

Le N°. IV représente le Roi, & le III. La Reine. Ils ont tous les deux pour attributs l’Aigle dans un Ecusson, & le sceptre surmonté d’un globe thautifié ou couronné d’un croix, appelée Thau, le signe par excellence.

Le Roi est vu de profil, la Reine de face : ils sont tous les deux assis sur un Trône. La Reine est en robe traînante, le dossier de son Trône est élevé : le Roi est comme dans une gondole ou chaise en coquille, les jambes croisées. Sa Couronne est en demi cercle surmontée d’une perle à croix. Celle de la Reine se termine en pointe. Le Roi porte un ordre de chevalerie.

N. VI Le Mariage

N. VII Osiris Triomphant

Les Quatre Vertus Cardinales – N. VIII La Justice 

N. IX Le Sage ou le Chercheur de Vérité & du Juste

N. X La Roue de Fortune

Les Quatre Vertus Cardinales – N. XI La Force

Les Quatre Vertus Cardinales – N. XII La Prudence

N. XIII La Mort

Les Quatre Vertus Cardinales – N. XIV La Tempérance

N. XV Typhon

N. XVI La Maison Dieu ou Château de Plutus

N. XVII La Canicule

N. XVIII La Lune

N. XIX Le Soleil

N. XX Tableau Mal Nommé le Jugement Dernier

N. XXI Le Tems, mal nommé Le Monde

N. 0 Le Fou

Références 

Thierry DEPAULIS, « COURT DE GÉBELIN ANTOINE (1725-1784)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 août 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-court-de-gebelin/

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